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Pour lutter contre le déterminisme social

Devant l’injustice fiscale, on pourrait trouver facilement des solutions, redresser la situation, mais comment faire pour venir à bout de cette injustice qui déstabilise réellement notre société : les inégalités de destin. Il ne s’agit pas de remédier simplement aux répercussions de cette injustice, mais d’aller au fond des choses, de s’attaquer à ses véritables origines : le déterminisme social.

De quoi s’agit-il ?

Le « déterminisme social » renvoie au concept sociologique qui stipule que la classe sociale d’une personne à l’âge adulte serait dans une certaine mesure fixée à sa naissance par la situation socio-économique de ses parents. En conséquence, l’individu ne serait pas vraiment maître de son action mais il va emprunter sans qu’il prenne conscience la voie qui mènera à la situation sociale déterminée par son origine socio-économique.

À titre d’exemple, en France le déterminisme social contribue à la création des inégalités scolaires : selon l’Organisation de Coopération et de Développement Économique, la situation socio-économique justifie 20 % des aptitudes des élèves âgés de quinze ans en mathématiques. Cela aboutira par la suite à des inégalités de diplôme.
Ainsi, il s’avère, à la suite des études effectuées, que les enfants de cadres et métiers intermédiaires ont par exemple 2,5 fois plus de possibilités de décrocher un diplôme supérieur que les fils des ouvriers ou des petits salariés.

Ces inégalités de diplômes se verront a posteriori dans les inégalités au niveau des appointements. En effet, une étude de France Stratégie a révélé que le décalage moyen de train de vie entre un fils de cadre et celui d’un ouvrier non qualifié se monte à mille euros par mois.

La reproduction des inégalités sociales par l’école vient de la mise en oeuvre d’un égalitarisme formel, à savoir que l’école traite comme égaux en droits des individus inégaux en fait c’est-à-dire inégalement préparés par leur culture familiale à assimiler un message pédagogique.

Pierre Bourdieu

Pour quelles raisons lutter contre le déterminisme ?

Différentes raisons pourraient nous pousser à combattre ce phénomène. En premier lieu, parce que s’en affranchir est un devoir moral. S’il y a absence de mobilité sociale, le bien-fondé de nos sociétés démocratiques et ouvertes, tolérante sera mis en question et à rude épreuve, car sinon, comment accepter que le sort d’une personne se fixe à la naissance par son origine sociale ?

En plus, ces inégalités se révèlent contre-productives et ruineuses pour la société. Car, au fond, tous ces potentiels qui n’ont pas été exploités constituent autant de Beethoven écartés, de talents étouffés, voire avortés qui auraient pu participer à l’essor et l’épanouissement de la société.

De nos jours, le déterminisme de genre est d’une injustice criante. Je suis en colère. Nous devrions tous être en colère. L’histoire de la colère comme matrice d’un changement positif est longue. Outre la colère, je ressens de l’espoir parce que je crois profondément en la perfectibilité de l’être humain.

Chimamanda Ngozi Adichie

Quelles sont les causes essentielles ?

Le déterminisme social n’est pas aussi simple qu’on ne le croit et ses causes sont donc nombreuses, sans oublier qu’il y a divers facteurs qui jouent un rôle déterminant.
En premier lieu, les familles ne sont pas toutes sur un pied d’égalité pour parer aux exigences de l’institution scolaire et aux moyens permettant de garantir à leurs enfants un environnement favorable à leur épanouissement intellectuel.

En outre, l’investissement dans l’éducation n’est pas très bien balisé : les gros moyens publics sont plutôt essentiellement destinés aux secteurs géographiques où les élèves réussissent déjà, alors qu’ils le sont moins dans les régions défavorisées qui en ont le plus besoin. Par ailleurs, les enseignants s’en trouvent parfois désarmés pour affronter les situations les plus complexes et les plus délicates et c’est aussi le cas des directeurs d’établissement qui n’ont pas assez de liberté de mouvement pour ajuster leurs ressources aux exigences des élèves.

D’un autre côté, il reste à souligner que les élèves défavorisés ont tendance à s’exclure parce qu’ils n’ont pas confiance en leur capacité personnelle, et qu’ils n’ont pas de modèle à suivre. Ils se persuadent même que les études « ce n’est pas pour eux ».

Le désordre au niveau individuel entraîne un déterminisme collectif.

L’Univers Quantique de Heinz Pagels

Comment lutter au niveau de l’Éducation ?

Deux leviers essentiels pourront aider à lutter contre le déterminisme social : la société civile et l’école. Pour être pragmatique et plus réaliste, on propose de créer une plate-forme numérique. C’est la solution la plus performante et la plus adéquate, puisqu’elle va permettre d’établir un pont de communication reliant différentes sociétés civiles, entreprises, élèves et institutions scolaires.

Il serait aussi utile et même impérieux de revoir, d’améliorer et de rallonger la formation de base des enseignants afin de les préparer à bon escient aux enjeux de ce combat interminable contre le déterminisme social et d’accorder, d’un autre côté, plus de prérogatives aux directeurs d’établissements en éducation prioritaire leur permettant de recruter sur profil. Il serait aussi plus avantageux de n’affecter en éducation prioritaire que les professeurs qui ont au moins 3 ans d’expérience.

Benjamin Blanco – Live Sensei

“Le spectacle de l’injustice m’accable, mais c’est probablement parce qu’il éveille en moi la conscience de la part d’injustice dont je suis capable.”

Georges Bernanos

Lectures recommandées :

Héritage et transmission dans la sociologie de Pierre Bourdieu

Changer le déterminisme social: Chronique philosophique de Marc Garcet

Le problème du déterminisme social, déterminisme biologique et déterminisme social du Dr Ghicescu